L’ECM en Belgique
Témoignage d'André Drouart, enseignant

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À l’occasion des vingt ans du programme fédéral Annoncer La Couleur, André Drouart, professeur en géographie et en philosophie citoyenne, a présenté l’expérience de deux écoles ayant ancré l’ECM au sein de leur établissement.
Vous pouvez assister, ci-dessous, à une version écourtée de la conférence :

Dans les années 1960, les relations de la Belgique avec les pays d’Afrique subsaharienne s’inscrivaient dans une politique postcolonialiste. Depuis le XXIe siècle, ces relations traduisent une politique de coopération au développement. Comment cette dernière s’inscrit-elle à l’école ?
En 1997, la Communauté française définit les objectifs de son enseignement lors du décret « Missions ». L’article 6.3. précise le rôle de l’école : « préparer les élèves à être des citoyens responsables capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures ». Selon le sens moral, la citoyenneté est comprise comme « la manière par laquelle les résidents des pays démocratiques font usage de leurs droits pour participer aux décisions relatives à la vie publique, pour entrer dans le débat politique et contribuer à la dynamique démocratique : c’est alors davantage un ensemble de pratiques que de droits. Elle peut même, dans son sens le plus large, désigner une qualité morale, le simple fait de se soucier […] de l’intérêt général ou d’un enjeu bien défini » (Centre de recherche et d’information socio-politiques).
En 2015, suite notamment aux attentats terroristes, le parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles a voté un décret relatif à l’organisation d’un cours d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté (EPC). Ce cours accorde une place à l’ECM. André Drouart, en tant que professeur, remercie ALC d’avoir rassemblé les acteur.trice.s des secteurs de l’enseignement et de l’ECM pour réaliser un outil pédagogique présentant différentes activités d’ECM pour enseigner l’EPC.
ALC a raison, d’après André Drouart, d’interpeler les écoles pédagogiques sur l’ECM afin de former les futur.e.s enseignant.e.s. Dans le cadre de leur cursus scolaire, les étudiant.e.s sont amené.e.s à suivre un cours de sociologie et de politique de l’éducation, faisant partie de l’unité d’enseignement : « Citoyenneté et diversité ». L’objectif est de former les futur.e.s enseignant.e.s à devenir des citoyen.ne.s actif.ve.s et solidaires dans l’esprit du décret « Missions ». A cela s’ajoute la réalité de la composition socio-ethnique du public scolaire bruxellois : une très forte ségrégation socio-spatiale et un public multiculturel dans le cadre duquel l’ECM constitue un atout pour favoriser le vivre ensemble et développer l’interculturalité.
Lors de leur journée dédiée à l’ECM et à la solidarité à laquelle ALC a participé, les étudiant.e.s de l’ISPG se sont réjoui.e.s des outils et des pédagogies alternatives (ludique et participative) proposées et désirent inscrire l’ECM dans leur future mission d’enseignement.
En outre, dans le cadre de son cours de formation à la géographie politique et sociale, André Drouart, grâce à des activités d’ECM, montre à ses étudiant.e.s que les élèves peuvent transformer leur colère face aux injustices du monde en actions positives.
Enfin, l’importance de l’ECM est fondamentale, selon André Drouart, parce que le monde est interconnecté de trois manières. La première est le phénomène de mondialisation qu’a provoqué internet, les médias et les réseaux sociaux. Les élèves sont inondé.e.s d’informations dont illes ne
savent plus quoi en tirer. L’ECM peut les aider en apportant des réponses dans leur légitime incompréhension d’un monde en pleine mutation. La deuxième est l’environnement et le développement durable. Les élèves prennent conscience que ce qu’il se passe ailleurs, a un impact sur leur vie. L’ECM offre des actions concrètes au quotidien pour apporter des solutions aux déséquilibres environnementaux. La troisième est les migrations, l’interculturalité et la multiculturalité, de plus en plus présente dans les écoles urbaines belges. L’ouverture aux autres doit s’apprendre et se construire dès le premier âge. L’ECM demeure là encore un outil formidable car elle contribue directement au bien vivre ensemble et lutte contre toute forme de radicalisme en faisant prendre conscience de l’importance de la solidarité internationale.
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